Liban : un gouvernement pro-Hezbollah après 5 mois de tractations

Le Liban a finalement un gouvernement. Les révoltes du « printemps arabe » avaient quelque peu éclipsé la situation dans le pays du Cèdre, raison pour laquelle l’annonce de la formation du nouveau cabinet le 13 juin a surpris plusieurs observateurs. Surtout qu’elle intervient à l’issue de cinq mois d’interminables marchandages entre les dirigeants des diverses forces politiques du pays.

Le cabinet conduit par Nagib Mikati est qualifié de gouvernement d’union nationale, bien qu’il soit dominé par le Hezbollah chiite et ses alliés, dont le chrétien Michel Aoun. Le Hezbollah et ses partenaires comptent 18 portefeuilles sur 30. La coalition du 14 Mars de l’ancien premier ministre Saad Hariri a, dès le départ, affiché son opposition au nouveau gouvernement. Elle estime que le cabinet est tombé sous la coupe du parti islamiste, ce qui en accentue le déséquilibre. Pourtant, si l’alliance pro-occidentale de Saad Hariri est déçue par ce gouvernement, il n’en va pas de même pour la population libanaise dans son ensemble. Lassés par des mois de fastidieuses tractations entre clans politiques, les libanais semblent avoir été soulagés à l’annonce de la constitution du nouveau gouvernement. Ceci même si tout le monde s’accorde à dire que les problèmes les plus sensibles ne seront pas faciles à surmonter. A commencer par la question du Tribunal spécial pour le Liban. Ce dernier se préparerait à accuser des membres du Hezbollah de l’assassinant, en 2005, de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, père de Saad, l’actuel dirigeant de la coalition pro-occidentale du 14 Mars. Actuellement, la question libanaise ne fait plus la Une des médias internationaux, à cause notamment des troubles qui secouent plusieurs pays arabes, et en premier lieu le soulèvement en Syrie voisine. Mais avec un Hezbollah pro-iranien aux commandes, le Liban sera assurément surveillé de près par les puissances régionales aussi bien qu’internationales. A commencer par les Etats-Unis qui ont d’ores et déjà annoncé que le nouveau gouvernement sera jugé sur ses actes.

 

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