La presse espagnole sous pression

Les médias espagnols peinent à observer la neutralité chère aux journalistes et reporters du monde entier quand il s’agit du conflit du Sahara Occidental. Cette fois, ils ont en reçu l’effet boomerang en pleine figure. En attribuant des photos de bébés palestiniens blessés dans un raid israélien contre Gaza en 2006 à de prétendus enfants sahraouis, présentés comme ayant été atteints dans les émeutes de la ville de Laayoune le 8 novembre, ils ont frisé le ridicule. Les protestations ne sont pas venues uniquement du Maroc contre une manipulation jugée grossière.

Même les officiels palestiniens ont estimé que l’utilisation honteuse de ces photos contrevenait non seulement aux règles déontologiques, mais portaient atteinte à la dignité humaine des palestiniens en détresse. Des journaux aussi prestigieux que El Pais, ABC, des chaînes de télévision et des sites électroniques ont été obligés de s’excuser auprès de leurs lecteurs et téléspectateurs après la découverte du pot aux roses. Mais le mal est fait. De surcroît, une telle précipitation à publier des photos qui se voulaient compromettantes pour le Maroc, sans précaution ni vérification, aurait pu être mise sur le compte d’une erreur collective passagère. Mais il se trouve que ce n’est ni la seule photo, ni la première fois que cela arrive. D’autres photos de crimes de droits communs et d’assassinats crapuleux ont été utilisées dans l’objectif, inconcevable pour des médias occidentaux, de monter l’opinion espagnole contre le Maroc. L’Espagne étant l’ancienne puissance coloniale au Sahara Occidental, il est normal que les médias aussi bien que l’opinion publique espagnols en général, ressentent une proximité vis-à-vis de leur ancienne colonie. Mais de là à tordre le coup à la réalité, quitte à se départir des règles les plus élémentaires de vérification des faits, il n’y a qu’un pas que les médias ibériques dans un mouvement collectif incompréhensible, ont pris l’habitude de franchir. Le Sahara Occidental a été annexé par le Maroc en 1975. Depuis, le territoire est disputé par le Maroc, qui propose d’y appliquer l’autonomie, et le front Polisario, mouvement parrainé par l’Algérie, qui réclame l’indépendance.

 

 

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