Affrontements meurtriers entre soldats turcs et syriens au nord-ouest de la Syrie

Affrontements meurtriers entre soldats turcs et syriens au nord-ouest de la Syrie

L’une des plus graves confrontations entre les soldats turcs et syriens a eu lieu hier lundi dans le nord-ouest de la Syrie et a fait plus de 20 morts. 

Cette escalade a fait monter la tension entre la Turquie, qui soutient des groupes rebelles en Syrie, et la Russie, principal soutien du régime syrien de Bachar al-Assad dans sa guerre contre les insurgés et les djihadistes. 

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) basé à Londres, ces combats d’une violence inédite et qui ont duré plusieurs heures ont éclaté avant l’aube après l’arrivée d’un convoi turc de 240 camions et blindés près de la localité de Saraqeb dans la proince d’Idleb, que le régime de Damas veut reprendre. 

C’est l’armée du régime syrien qui aurait commencé par des tirs sur des positions turques. Les soldats turcs ont riposté en tirant à l’artillerie sur des positions syriennes dans les provinces d’Idleb et dans celles voisines de Hama et Lattaquié. L’armée turque a indiqué avoir «détruit plusieurs cibles» dans le camp adverse. 

Selon Ankara, cinq militaires et trois membres du personnel civil turcs ont été tués, et neuf soldats blessés. Côté syrien, selon l’OSDH, au moins 13 soldats ont été tués et vingt blessés. Mais l’agence officielle syrienne Sana a démenti tout décès dans les rangs de l’armée. 

Depuis l’intervention de la Turquie dans le conflit syrien en 2016 pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique et éloigner les forces kurdes syriennes de sa frontière, peu de confrontations directes ont eu lieu entre l’armée turque et syrienne. 

Selon Ankara, les militaires turcs visés hier ont été envoyés à Idleb pour renforcer les quelque 12 postes d’observation turcs dans la région. La Russie a affirmé ne pas avoir été prévenue de ces renforts, mais Ankara a assuré avoir averti les Russes «un jour avant». 

Incontournables dans le conflit syrien, la Russie et la Turquie avaient parrainé une trêve censée entrer en vigueur mi-janvier dans la province d’Idleb. Mais cette trêve est restée lettre morte et le régime Assad, épaulé par l’allié russe, a poursuivi son offensive dans la province ainsi que dans des secteurs adjacents des provinces de Hama, Lattaquié et d’Alep. 

Le front d’Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime Assad, qui contrôle désormais plus de 70% du territoire syrien après avoir multiplié les victoires face aux djihadistes et les rebelles. 

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