Espagne : Intégration de la drogue et la prostitution dans le PIB

Espagne : Intégration de  la drogue et la prostitution dans le PIB

une-prostituee-en-espagneL’INE, l’Institut statistique espagnol, vient d’annoncer une révision du mode de calcul du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays qui devrait le faire passer de 2.7% à 4.5%. Cette révision inclut une intégration d’activités illégales telles que la prostitution, le trafic de drogue ou encore la contrebande de tabac.
La recommandation d’appliquer cette réforme vient d’Eurostat, l’institut européen de la statistique. La nouvelle méthodologie de calcul du PIB inclut également les dépenses en recherche et développement ainsi que le budget alloué à l’armement militaire.Le communiqué de l’INE ne précise pas quel sera l’apport spécifique de ces activités illégales mais reconnaît volontiers les difficultés inhérentes à leur estimation. D’ici le 25 septembre prochain, l’INE devrait publier tous les chiffres, de 1995 à 2013, révisés selon ces critères. L’autre handicap pour le PIB de l’Espagne est l’informel, c’est-à-dire les activités légales mais non déclarées. Diverses études évaluent cette économie souterraine aux alentours de 20% du PIB du pays.
L’Espagne n’est pas le premier pays européen à avoir adopté ces réformes. L’Italie, le Royaume-Uni et la Belgique ont emprunté la même voie ces dernières semaines. Dans le cas du Royaume-Uni, l’intégration des revenus générés par le trafic de drogue et la prostitution pourraient augmenter le PIB de plus de 16.6 milliards de dollars US, soit un peu moins de 1%.
Mais d’autres pays européens sont plus réservés. L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies estime à plus de 4 milliards de dollars US le chiffre d’affaires du trafic de cannabis, d’héroïne et de cocaïne et la Fondation Scelles qui lutte contre la prostitution évalue à 1.3 et 4 milliards provenant de cette profession. Cependant, l’INSEE, l’institut des statistiques français, constate que  ces activités ne peuvent être prises en compte dans le calcul de la richesse nationale car le consentement d’une des parties du « commerce » n’est pas toujours au rendez-vous, comme dans le cas des prostituées mineures

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.