Egypte : impasse politique et violence meurtrière

Vingt jours après la destitution du président élu Mohamed Morsi et son remplacement par un président intérimaire, la rue égyptienne reste la proie à de violents accrochages entre partisans et adversaires du président déchu, alors que la situation politique est totalement dans l’impasse.
Mardi matin encore, les heurts au Caire et dans ses environs ont fait au moins six morts qui s’ajoutent aux dizaines de tués  et aux centaines de blessés recensés depuis début juillet. Le président par intérim Adly Mansour, installé dans la foulée de la destitution du président islamiste le 3 juillet, a pourtant lancé lundi un appel à la « réconciliation » entre tous les Egyptiens. Peine perdue, les partisans de Mohamed Morsi continuent de manifester, sur la place Rabiaa Al Aidawiya du Caire et dans d’autres régions du pays. Se regroupant souvent par dizaines de milliers, les manifestants pro-islamistes réclament la libération du président élu et rejettent fermement le nouveau gouvernement installé à la faveur de ce qu’ils considèrent un coup d’Etat mené par le général Abdel Fattah Al Sissi.
Des membres de la famille Morsi ont annoncé leur intention d’engager des poursuites devant la justice égyptienne et internationale contre le chef de l’armée pour enlèvement. Les nouvelles autorités du Caire redoutent visiblement une libération précipitée du président déchu, de crainte que la situation sécuritaire ne dégénère. Pressé par les partisans de Mohamed Morsi aussi bien que par les demandes de plusieurs capitales Occidentales, le nouveau pouvoir essaye de se montrer rassurant en affirmant qu’il est bien traité.
Pour leur part, les adversaires de Morsi affirment que ce dernier avait perdu toute légitimité en faisant descendre dans la rue, le 30 juin, des millions d’opposants. En l’espace d’une année de gouvernement, le président proche des Frères musulmans a cristallisé le ressentiment de larges pans de la société égyptienne, particulièrement les laïcs, les libéraux et les coptes. Devant la forte polarisation de la rue égyptienne, l’intervention de l’armée était devenue inévitable, estiment-ils.
A présent, les craintes ont redoublé de voir les deux camps se raidir dans leurs positions respectives, avec le risque d’un débordement de la violence. La situation dans la région du Sinaï, frontalière avec Israël et la Bande de gaz, est déjà préoccupante. Les accrochages quasi-quotidiens entre forces de sécurité et extrémistes islamistes, y ont fait des dizaines de morts.

 

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