Les Musulmans de France ont leur propre cimetière à Strasbourg

Les quelques 20.000 immigrés de confession musulmane établis en Alsace-Lorraine (Est de la France) ont depuis ce lundi, leur propre cimetière pour enterrer leurs morts. Le projet et c’est une première dans la France Laïque, a vu le jour grâce à des fonds publics. Tout le mérite pour cette initiative revient incontestablement au maire de Strasbourg, le socialiste Roland Ries, un fervent défenseur de la cohabitation entre les cultures et les religions.

La mairie strasbourgeoise a débloqué en 2009, un budget de 800.000 euros pour la construction de ce cimetière confessionnel en collaboration avec le Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM). De plus, la gestion du cimetière sera assurée sur fonds publics par la municipalité de la ville. Inauguré ce lundi 6 février, ce premier cimetière dédié à la communauté musulmane vivant à l’Est de l’Hexagone, a pu voir le jour également grâce au statut du Concordat (accord entre l’Etat et le Vatican) en vigueur en Alsace et dans le département de la Moselle, qui en fait la seule région de France où la loi sur la laïcité prônant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ne s’applique pas. Sur une population totale de 270.000 habitants, on compte à Strasbourg, près de 20.000 Musulmans, dont 7.000 Turcs, 6000 Marocains, 2500 Algériens et moins de 1000 Tunisiens. Jusqu’à présent, les habitants musulmans de Strasbourg, avaient deux possibilités pour enterrer leurs morts, ou bien rapatrier les dépouilles mortelles vers leur pays d’origine ou les ensevelir dans un des huit coins réservés à cette religion, dits « carrés musulmans », prévus dans les cimetières publics à majorité chrétienne de la ville de Strasbourg. Mais depuis déjà plusieurs années, ces espaces sont presque saturés, d’où s’est imposée la nécessité de doter la ville d’un cimetière entièrement dédié à la forte communauté musulmane. Le plan général du cimetière se développe selon une orientation Sud-Sud-est en direction de la Mecque (Qibla). Il est édifié sur une superficie de 1,25 ha pouvant accueillir près d’un millier de sépultures avec inhumations possibles sur 2 niveaux. Une extension est prévue le cas échéant, sachant que le nombre annuel de personnes inhumées dans les carrés musulmans est passé, selon la municipalité de Strasbourg, d’une vingtaine de morts dans les années 90 à une quarantaine dans les années 2000. Le nouveau cimetière va certainement alléger les désagréments que rencontraient les Musulmans strasbourgeois pour rapatrier ou enterrer sur place leurs morts.

 

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