UE-Maroc : l’accord agricole de la discorde

Les professionnels marocains de l’agriculture montent au créneau. Ils dénoncent les hésitations du Parlement européen à approuver l’accord agricole entre l’Union européenne et le Maroc, ratifié pourtant par l’ensemble des Etats membres de l’UE. Les professionnels marocains attribuent ces reports à l’obstruction de « milieux politiques et de groupes de pression au sein du Parlement européen ». Des lobbies européens qui disent craindre une déstabilisation des marchés par l’entrée massive de produits agricoles marocains dans l’espace communautaire. Mais ces accusations sont balayées d’un revers de la main par les fédérations des agriculteurs marocains.

Chiffres à l’appui, ces derniers assurent que la quantité totale des exportations de fruits et légumes du Maroc vers l’UE représente moins de 0,05% de l’ensemble des volumes échangés en Europe. De surcroît, il ne s’agit pas d’un nouvel accord entre le Maroc et l’UE, mais uniquement de la modification d’un accord déjà existant depuis 2003, argumentent-ils. Pour les agriculteurs marocains, la ratification même de l’accord par l’ensemble des Etats membres de l’UE est la preuve que cet accord est réellement équilibré, contrairement aux critiques de certains eurodéputés. Il offre également aux exportateurs européens d’importantes opportunités pour l’écoulement de produits agricoles et agroalimentaires européens vers le Maroc. Un accord que les agriculteurs marocains voient comme la concrétisation de l’esprit du « Statut avancé » dont bénéficie le Maroc en tant que partenaire historique de l’UE. En effet, en octobre 2008 déjà, le Maroc et l’Union européenne avaient signé une déclaration sur le Statut avancé qui prenait acte du caractère stratégique de leur partenariat. Un partenariat axé notamment sur un dialogue politique renforcé et une plus grande libéralisation des échanges. En fait, estiment des observateurs avertis, certains parlementaires européens, essentiellement espagnols, utilisent la carte de l’accord agricole pour faire pression sur le Maroc dans un autre dossier, celui du Sahara Occidental. Une ancienne colonie espagnole que se disputent le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

 

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