HRW: Alger continue à réprimer les mouvements contestataires

La levée de l’Etat d’urgence décidée par le Président algérien Abdelaziz Bouteflika le 24 février n’a aucunement restitué au peuple algérien ses libertés fondamentales. C’est le dernier constat établi par Human Rights Watch (HRW). «L’empêchement par la force du déroulement de la marche du 19 mars montre que malgré la levée de l’Etat d’urgence, les autorités affichent clairement leur volonté, assortie de moyens,

de réprimer les mouvements populaires de contestation», a observé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW.
Le week-end dernier, un imposant dispositif sécuritaire a été déployé à Alger, pour empêcher une marche contestataire à laquelle a appelé, un groupe de jeunes algériens à travers le réseau social Facebook. Les éléments de la police n’ont laissé aucune chance aux manifestants de se regrouper pour exprimer librement leurs revendications.
L’Algérie, explique Sarah Leah, est pourtant signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui prévoit le respect du droit de rassemblement et spécifie dans son article 21, que «le droit de réunion pacifique est reconnu.
L’organisation internationale Human Rights Watch a ainsi appelé dimanche, les autorités algériennes à mettre fin à l’interdiction de rassemblement, déplorant que les services de police aient empêché une nouvelle fois le déroulement des marches pacifiques.
HRW a de même demandé aux autorités d’Alger de cesser de «bafouer le droit des Algériens de se rassembler pacifiquement », en interdisant ces manifestations à Alger, sur la base d’un décret datant de juin 2001 qui interdit tout rassemblement dans la capitale, jusqu’à nouvel ordre.
Depuis le début du mouvement contestataire, il y a quelques mois en Algérie, constate Human Rights Watch, la réponse des autorités « a systématiquement été d’empêcher les rassemblements pacifiques à Alger », et de les gêner ou de les interdire dans d’autres villes du pays. Ne la levée de l’Etat d’urgence, ni les promesses de profondes réformes faites récemment par le président Abdelaziz Bouteflika, n’ont suffi pour calmer les esprits, au contraire, les observateurs en place, constatent l’existence d’une effervescence crescendo parmi les franges lésées de la population.

 

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