Maroc : près de 5000 personnes manifestent dans tout le pays

La vague de contestation qui a enflammé le monde arabe semble gagner le Maroc avec près de 5000 manifestants sur l’ensemble du territoire du royaume chérifien ce dimanche 20 Février 2011, qui ont commencé à se disperser dans le calme en début d’après-midi. La mobilisation autour du mouvement né sur Facebook intitulé « liberté et démocratie maintenant » a semble-t-il faibli suite à des dissensions internes autour de la participation de mouvements politiques à la manifestation, dont les islamistes du mouvement « justice et bienfaisance », et l’extrême gauche du mouvement « La voie Démocratique ».

Craignant une récupération du mouvement facebook qui réclame à l’origine plus de justice sociale et de liberté, l’une de ses figures emblématiques, Rachid Antid, alias « Spirit-Zata » a déclaré hier à Reuters et à l’AFP qu’il ne manifesterait pas. Malgré l’annonce de cette non-participation à la manifestation, plusieurs milliers de personnes, environ 4000 à Rabat et un millier à Casablanca ont bravé la pluie pour réclamer une « démocratisation » du pays ainsi que plus de liberté. Si certains manifestants ont réclamé une limitation des pouvoirs du roi, il semble que la majorité des revendications portaient sur une amélioration des conditions de vie ainsi qu’une lutte énergique contre la corruption rampante qui mine le pays. Parmi les autres objets de la contestation de la rue marocaine, la famille du premier ministre Abbas El fassi, accusée d’ « accaparer les postes à responsabilité », ainsi que son parti politique, l’Istiqlal, à la tête du gouvernement depuis les élections législatives de 2007. Selon des organes de presse marocains, le roi devrait annoncer demain lundi la mise en place d’un conseil économique et social, censé jouer le rôle de médiateur entre l’exécutif et les partenaires sociaux. Un vaste mouvement de réformes économiques serait également attendu pour permettre à la contestation de rejoindre son « espace naturel, c’est-à-dire les partis politiques », comme nous l’affirmé un proche du palais royal, ajoutant : « Le roi est à l’écoute de son peuple et n’a jamais été « déconnecté »comme l’on pu être d’autres dirigeants du monde arabe, (…) il sait que la contestation est une chance pour lui afin de se débarrasser d’un certain nombre de figures honnies par le peuple et d’accélérer les réformes ».

 

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