Maroc : Meditel va-telle devenir orange ?

Maroc : Meditel va-telle devenir orange ?C’est la question à 650 millions d’euros que se posent les spécialistes télécoms depuis une semaine : est ce que France Telecom va réussir à ravir 40% de Méditel, seconde licence GSM du Royaume Chérifien ? A l’heure qu’il est, il semblerait que les pourparlers soient très avancés entre l’opérateur français et le marocain, détenu à 100% par des capitaux privés (BMCE BANK et Caisse de dépôts et de gestion CDG), après que ses actionnaires historiques, l’espagnol Telefonica et le portugais Portugal Telecom se soient retirés il ya un an. Depuis le rachat des parts étrangères par CDG et BMCE, les rumeurs allaient bon train sur l‘identité d’un éventuel nouvel actionnaire, qui serait capable d’apporter plus que de l’argent, mais du savoir-faire.

C’est la conjonction de deux stratégies qui semble avoir mis en position favorable France Telecom. En premier lieu, le nouveau patron du géant français, Stéphane Richard, avait affirmé dès sa prise de fonction au printemps que l’Afrique est la « priorité d’orange », prenant ainsi le contre-pied de son prédécesseur. De l’autre côté, Méditel peinait à trouver un actionnaire qui puisse lui proposer un véritable partenariat technologique afin de tenir tête au mastodonte Maroc Télécom, leader incontesté du marché marocain avec plus de 50% de parts de marché , et acteur continental avec pas moins de quatre autres licences GSM (Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Gabon). L’arrivée éventuelle d’Orange pose néanmoins un certain nombre de questions, notamment au niveau d’un pacte de non agression officieux qui semblait avoir été signé avec le nouvel entrant, l’opérateur INWI, qui appartient à la holding de la famille royale marocaine, le groupe Omnium Nord Africain (ONA). INWI est en effet un « spin off » d’un premier opérateur intitulé Wana, qui a accumulé des dizaines de millions d’euros de pertes sur un pari technologique obsolète, le CDMA. En catastrophe, l’autorité de régulation de télécoms au Maroc (ANRT) a accordé à Wana une licence GSM classique l’an dernier afin de permettre à l’opérateur de ne pas se diriger vers la faillite. Avec l’arrivée d’Orange et de ses techniques commerciales agressives, il se pourrait que la concurrence soit relancée, au bénéfice d’un consommateur marocain qui se plaint régulièrement de la cherté des communications, dans un marché qui est pourtant l’un des plus dynamiques d’Afrique.

 

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