Russie : des applications russes obligatoires sur tout appareil connecté acheté

Russie : des applications russes obligatoires sur tout appareil connecté acheté

Le dispositif qui impose à chaque acheteur d’un smartphone, d’une tablette ou de tout autre objet connecté, qu’il ait été produit en Russie ou qu’il soit importé, d’avoir systématiquement préinstallées des applications « made in Russia », rendu obligatoire par une loi promulguée fin 2019, est entré en vigueur hier jeudi. 

Cette loi entre en vigueur avec près d’un an de retard, prévue initialement le 1er juillet 2020, à cause de la pandémie de Covid-19. Parmi les logiciels pré-installés figurent ceux des géants de l’internet russes Yandex et Mail.ru. Et parmi les réseaux sociaux se trouvent les « Facebook russes », Odnoklassniki et Vkontakte. La liste inclut aussi des programmes de Kaspersky Lab. Les contrevenants à cette disposition s’exposent à des amendes à partir de juillet. 

Cette loi s’appelle dans le pays la « loi anti-Apple », la marque à la pomme s’étant toujours refusé de préinstaller des applications autres que les siennes sur ses appareils. Le journal Vedomosti a rapporté que même le fabricant américain a accepté de se soumettre à ce dispositif pour ne pas s’exclure du marché  russe. 

Les autorités russes présentent cette disposition comme un moyen de promouvoir les entreprises technologiques nationales face à la concurrence étrangère, pour se prémunir notamment des sanctions internationales infligées par l’Occident. Mais cet argument ne suffit pas à rassurer tout le monde. Car si les applications russes peuvent être « décochées » par l’utilisateur, certains craignent que la loi ne permette de donner un nouveau tour de vis au contrôle croissant de l’internet en Russie. 

Ces dernières années, les autorités russes n’ont cessé de serrer la vis sur le réseau internet, bloquant des contenus et sites liés à l’opposition, mais aussi des services qui refusaient de coopérer avec elles alors qu’Internet est l’un des derniers espaces de liberté pour les voix critiques du pouvoir.

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