Tunisie : impasse politique et violence islamiste

violences-islamiste-tunisieOn croyait la crise politique en Tunisie sur le point de se terminer. Il n’en est rien. Elle se double même d’une crise sécuritaire, aggravée par la multiplication des attaques des extrémistes islamistes qui ont fait de nouvelles victimes parmi les forces de l’ordre.
Les partis d’opposition et une bonne partie de l’opinion publique accusent le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda de laxisme envers les jihadistes. Ces critiques ont redoublé après la mort, mercredi, de sept membres des forces de sécurité tués par des islamistes armés. Six des policiers ont été tués lors de la perquisition d’un domicile à Sidi Bouzid, ville située à 250 km de Tunis où étaient cachés des armes et des explosifs. Les échanges de tirs entre les forces de sécurité et les jihadistes ont également fait un mort parmi ces derniers. Une semaine auparavant, les forces de l’ordre avaient tué une dizaine de jihadistes près de la frontière algérienne, ce qui laisse supposer que les groupes armés disposent encore d’importantes ressources. En particulier le groupe Ansar Acharia, à qui les forces de l’ordre imputent l’assassinat cette année des deux dirigeants de l’opposition laïque, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
Le premier ministre tunisien Ali Larayedh a accusé les extrémistes islamistes tunisiens de profiter du désordre qui prévaut en Libye voisine. Les jihadistes l’utilisent comme zone de repli où ils se procurent facilement des armes et des moyens logistiques. Mais ces explications ne semblent pas convaincre une opposition échaudée par les nouvelles violences qui ont exacerbé les divergences entre les protagonistes politiques. L’islamiste Ali Larayedh, qui conduit un gouvernement de coalition avec deux autres partis laïques, tergiverse sur la démission de son cabinet réclamée par l’opposition afin d’organiser la transition politique.
Il a conditionné cette démission au respect du calendrier des réformes, qui incluent parallèlement la rédaction de la Constitution et la fixation d’une date pour les élections législatives. C’est dans ce contexte électrique que de nouveaux pourparlers ont été programmés ce vendredi entre le gouvernement et l’opposition.

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