Washington seule face au dilemme syrien

bacharAprès le refus du Parlement britannique de laisser la marine de Sa Majesté s’enliser dans le bourbier syrien, Washington hésite à intervenir seule, sans toutefois écarter une action dissuasive afin de ne pas affaiblir l’autorité des Etats-Unis dans la région.
Les Etats-Unis continuent de brandir l’éventualité d’intervenir seuls pour punir Bachar Al Assad, que les Occidentaux accusent d’avoir utilisé des armes chimiques le 21 août contre des civils, faisant des centaines de morts. Le président Barack Obama a toutefois nuancé ces propos, affirmant que rien n’était définitivement arrêté. Un bémol d’autant plus compréhensible que Paris aussi a modéré sa position de départ. Si le président François Hollande n’exclut pas une opération contre le régime de Damas même sans le soutien de Londres, il a toutefois tenu à préciser que la France était favorable à une « action proportionnée et ferme ».
L’embarras dans lequel se trouve Washington a été en partie exprimé par le secrétaire à la défense. Si Chuck Hagel a reconnu le droit de chaque pays de « prendre ses propres décisions », il a précisé que Washington continuerait de chercher « une coalition internationale qui agira de concert ». Pour autant, en l’absence de leur fidèle allié britannique, les Etats-Unis pourraient toujours compter sur le soutien ne serait-ce que politique d’autres membres de l’OTAN, à leur tête Ankara, pays frontalier avec la Syrie. Le gouvernement du premier ministre islamiste Tayib Erdogan voue une hostilité viscérale au régime de Bachar Al Assad.
L’administration Obama, qui a perdu tout espoir d’arracher un accord au Conseil de sécurité à cause de l’opposition obstinée de la Russie, pourrait aussi compter sur le soutien de plusieurs pays arabes de la région.
De leur côté, les inspecteurs de l’ONU qui enquêtent sur l’utilisation des armes chimiques achèvent leur mission le 31 août. Mais leurs conclusions ne devraient pas peser dans la balance, puisque la mission n’est pas habilitée à pointer la partie responsable de l’utilisation des ces armes. Aussi, les prochains jours s’annoncent-ils décisifs pour être fixés sur la manière dont Barack Obama compte se tirer de cette mauvaise passe.

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