Défense : Le Rafale français est-il condamné à mort ?

L’avion de combat Rafale risque d’agoniser d’ici 2018, si ses ventes à l’étranger ne démarrent pas. C’est le patron de la défense française lui-même qui l’a annoncé ce mercredi. «Si Dassault ne vend pas son appareil (le Rafale) à l’étranger, la chaîne (de production) sera arrêtée», a prévenu le ministre de la Défense, Gérard Longuet, précisant néanmoins que les appareils existants seront naturellement entretenus. Les usines de la chaîne cesseront de produire cet avion de combat, une fois que l’armée française aurait pris livraison de tous les appareils commandés d’ici à 2018.

Depuis son entré en service opérationnel dans l’aéronavale française en 2004 et dans l’armée de l’air deux ans plus tard, Dassault n’a pas réussi à placer ces avions de combat sur le marché international de l’aviation militaire. Même la Suisse a tout récemment rejeté une offre du constructeur français lui préférant le Gripen du suédois Saab. Les négociations portant sur la vente de 60 appareils de Dassault aux Emirats arabes unis, durent depuis déjà trois ans, mais n’ont pas encore abouti. Pour signer le contrat, Abu Dhabi exige une version améliorée « et » commune du Rafale sans verser de supplément financier, alors que Dassault propose le partage du supplément. Paris a également échoué de livrer ses rafales au Maroc. Pourtant celui-ci est l’un des premiers partenaires étrangers de l’Hexagone. L’armée marocaine a préféré le F16 américain de Lockheed Martin, dont elle a commandé 24 exemplaires. Même le prix du Rafale jugé trop exorbitant en comparaison avec ses semblables américain ou européens, décourage plus d’un acheteur potentiel. Dassault fera tout pour valider l’important contrat avec Abu Dhabi, afin d’encourager d’autres pays à faire le premier pas. Il en va de l’avenir du Rafale et des centaines d’emplois hautement qualifiés dans les bureaux d’études de Dassault, Thales ou Safran, pour ne reprendre que les trois principaux partenaires du Rafale. Quelque que soit l’avenir de l’avion tricolore, la facture pour le contribuable français sera dans tous les cas très salée. Elle se chiffrera en centaines de millions d’euros. Tout compte fait, le Rafale n’est pas loin de creuser sa tombe aux côtés de son prédécesseur le Concorde.

 

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