L’ex-chef de la sécurité de Ben Ali prêt à tout déballer au tribunal militaire

L’ancien chef de la sécurité du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, le général Ali Seriati comparaîtra le mois courant, devant un tribunal militaire pour « incitation à commettre des crimes ». Arrêté le 14 janvier, juste après la fuite de Ben Ali et détenu depuis lors, à la base militaire de l’Aouina, près de Tunis, Seriati a promis de tout dévoiler sur ce qui s’est passé le jour du 14 janvier 2011. Le général Seriati, 72 ans, avait été acquitté le 12 août dans un procès pour falsification de passeports et complicité dans la fuite en Arabie Saoudite, de l’ex-chef de l’Etat et de sa proche famille. Il est toujours gardé en prison, dans l’attente d’un nouveau procès pour d’autres chefs d’inculpation plus graves, notamment pour complot contre la sécurité intérieure de l’Etat, incitation à commettre des crimes et provocation de désordre public.

Des peines de prison allant de quatre mois à six ans, ont été en revanche, infligées par le même tribunal, à 25 membres de la famille Ben Ali et de son épouse Leïla Trabelsi pour tentative de fuite et possession illégale de devises. Dans des déclarations à la presse à partir de sa cellule carcérale, l’ancien homme de confiance de Ben Ali, se dit être « victime d’une mise en scène » montée par l’ancien ministre de la Défense, Ridha Grira, avant de s’interroger, sur un ton accusateur : qui a permis à Ben Ali de quitter la Tunisie ? Qui a donné l’ordre de permettre à l’ancien président d’avoir accès à l’aérodrome militaire et de lui ouvrir l’espace aérien ? « Même si certaines parties tentent de m’empêcher de parler du 14 janvier, d’où le report du procès, histoire de gagner du temps, je vais tout dire le jour J », a déclaré le général Seriati qui réclame des audiences publiques. Pour appuyer ses dires, il révèle que le contenu de plusieurs communications téléphoniques durant les heures fatidiques de la journée du 14 janvier, a été effacé parce que, justement, «certaines parties veulent cacher la vérité ». Le mis en cause a néanmoins reconnu devant ses juges civils, avoir poussé Ben Ali à s’enfuir afin d’épargner « un bain de sang » au pays, tout en rejetant l’accusation d’avoir tenté un coup d’Etat pour prendre le pouvoir ou comploté contre la sûreté de l’Etat. « Je suis un militaire et je n’ai jamais été un politicien et je n’ai jamais nourri d’ambitions politiques », se limitant à faire son travail qui était de protéger le président de la république « quel qu’il soit ». Le corps de la sécurité présidentielle dirigé par Seriati avait la haute main sur les autres forces de sécurité et était particulièrement redouté par la population. Affaire à suivre.

 

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