Le colonel Kadhafi compte surtout sur les mercenaires pour mater la rébellion

Pour mater la rébellion en Libye et devant une armée peu entrainée et peu équipée, le colonel Mouammar Kadhafi n’a pas trouvé meilleure idée que de recourir à des mercenaires étrangers.

Pour ce faire, il a fait appel à des sociétés de sécurité privées, dont l’israélienne, la Global CST, dirigée par le Major général à la retraite Israël Ziv et l’ancien commandant de la police de Tel-Aviv, David Tzur. Sur recommandation d’un haut dirigeant à Tel-Aviv, Global CST a donc accepté de se charger de cette mission, exigeant une forte rétribution du régime libyen en pétrodollars. Le patron de Global CST n’est autre qu’un ancien chef des opérations de Tsahal fortement impliqué dans les attaques sanglantes perpétrées en 2006 au Liban. Mais son profile correspond aux vœux de Kadhafi qui, dans un récent entretien à France24, n’a pas caché s’être inspiré dans sa stratégie de guerre contre les insurgés, de l’opération « Plomb durci » menée par Tsahal contre la bande de Gaza. Kadhafi s’est donc engagé à verser à la société de mercenariat, 2000 dollars par jour pour chaque mercenaire. Ce dernier en perçoit 100 dollars et le reste ira dans les caisses de Global CST. Les hommes de cette société ont reçu pour consigne d’agir dans l’anonymat absolu et ne point s’afficher en public pour ne pas mettre dans l’embarras l’Etat hébreu. Les opérations de recrutement sont ainsi confiées à des autochtones en Afrique et dans les pays d’Europe de l’Est.
Selon un porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l’Homme, il y aurait actuellement en Libye près de 25.000 mercenaires touaregs venus du Tchad, du Mali, du Niger, du Soudan ainsi que des combattants du Polisario et des pilotes d’avions recrutés dans des pays d’Europe de l’Est. L’appel à ces mercenaires s’explique selon Albert A. Stahel, expert en stratégie militaire  à l’Université suisse de Zurich, par l’état rudimentaire de l’armée libyenne, dont le gros lot de l’arsenal militaire provient de l’ancienne république soviétique et est donc vétuste ou non opérationnel. Aujourd’hui, affirme le même expert, on ne peut pas parler d’armée régulière. Si elle est actuellement en mesure d’affronter les insurgés, c’est uniquement parce que ces derniers ne disposent pas d’armes lourdes et d’avions de combat. Kadhafi s’est toujours méfié de la fidélité supposée de ses forces armées. Visiblement, il n’avait pas tout à fait tort puisque seulement 15.000 militaires « réguliers » lui sont restés loyaux. Aussi, le dirigeant libyen compte surtout sur le corps des gardes révolutionnaires (3000 hommes) et le bataillon d’élite Khamis, commandé par le plus jeune de ses fils.

 

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