Monde arabe : la CIA scrute les risques de contagion

Alarmée par le soulèvement en Tunisie et les protestations populaires qui se poursuivent en Égypte, l’administration américaine a commandé un rapport à la CIA sur les risques de contagion dans d’autres pays arabes. Le rapport de la centrale, établi en urgence, révèle que les risques de soulèvements ou de troubles existent réellement, mais qu’ils diffèrent sensiblement d’un pays à un autre, voire selon des groupes de pays.

Ainsi, le rapport de la CIA se démarque nettement de l’effet de domino prédit par de nombreux commentateurs dans la foulée du renversement du régime de Ben Ali. Plutôt que d’un improbable entraînement mécanique, les analystes de la CIA évoquent plus modestement de possibles impacts, des ondes de choc nuancées selon les pays. Ainsi, la CIA classe les pays arabes selon trois catégories. La première, où le risque est plus élevé comprend Égypte et le Yémen. Dans la seconde catégorie, la menace existe mais l’éclatement de troubles peut survenir à moyen terme. Dans cette catégorie figurent l’Algérie, la Libye et la Syrie. En Libye, les choses sont d’apparence calmes, Kadhafi et ses fils contrôlant l’armée, l’ensemble des services de sécurité ainsi que les médias. Mais c’est peut-être ce monopole exclusif du pouvoir qui peut déclencher une révolte. En Algérie, les mouvements de protestation contre la vie chère et le manque de logements sont fréquents. Mais le chômage des jeunes et la corruption qui touche tous les aspects de la vie publique, constituent un grave défi pour les autorités. L’armée qui contrôle tous les leviers du pouvoir, maintient l’état d’urgence depuis 19 ans de crainte d’une explosion populaire qui peut intervenir à n’importe quel moment, estime la CIA.
Enfin, dans la troisième catégorie qui comprend les pays à faible risque à court et moyen terme, la CIA classe les pétromonarchies du Golfe et le Maroc. L’argument des analyses de la CIA est que dans ces pays, la légitimité des pouvoirs en place ne se pose pas comme dans les deux autres catégories. Il s’agit de dynasties qui sont parfois séculaires, certaines sont franchement populaires. Même si des protestations à caractère social ne sont pas à exclure à moyenne échéance, elles ne cibleront vraisemblablement pas le pouvoir en place.

 

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