Kadhafi veut faire plier les Italiens à ses caprices

Qu’est-ce qu’il y a de mieux que de profiter des faiblesses des autres pour les faire plier à ses caprices ? C’est la stratégie que semblerait faire sienne le dirigeant libyen  Mouammar Kadhafi qui est allé à Rome fêter avec son ami Silvio Berlusconi, le deuxième anniversaire de la signature du traité d’amitié italo-libyen. Par ce traité, les ennemis d’hier et amis d’aujourd’hui, ont clos un vieux contentieux colonial qui envenimait leurs relations. Rien que pour le signer, Kadhafi avait arraché à Rome un pactole de 5 milliards de dollars à titre de dédommagement pour plus 30 ans de colonisation.

Sous une tente dressée dans l’enceinte de l’ambassade libyenne à Rome, Kadhafi a donné dimanche soir, puis lundi après-midi, deux leçons sur l’Islam suivie respectivement par 500 puis 200 jeunes femmes, sélectionnées par une agence d’hôtesses et rémunérées à hauteur de 80 euros chacune. Le colonel Kadhafi a exhorté ses invitées à se convertir à l’Islam, en leur remettant à la sortie, une copie du Coran.
Comme son audace n’a pas de limites, le colonel Kadhafi a appelé à la conversion de toute l’Europe. L’islam, a-t-il expliqué devant son assistance féminine, est la dernière religion et si l’on doit avoir une seule foi, cela doit être la foi musulmane.
Dans la soirée de lundi, il a même poussé la provocation jusqu’à réclamer à l’Union Européenne 5 milliards d’euros par an, pour stopper l’immigration clandestine aux frontières de la Libye, afin d’éviter que l’Europe « ne devienne noire ».
Si certains hommes politiques italiens ont dénoncé les comportements et propos provocateurs du leader libyen, Berlusconi et les hommes d’affaires ont préféré rester bouche cousue et laisser passer l’orage. Le marché libyen qui regorge de pétrodollars représente pour eux un salut incontournable pour l’Italie, dont la crise  est en train de ronger son économie. Les affaires d’abord et le protocole après.

 

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