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RDC : au Sud-Kivu, le conflit alimente la flambée de choléra

En République démocratique du Congo, la guerre qui secoue l’est du pays a des répercussions sanitaires majeures. Dans la province du Sud-Kivu, la résurgence du choléra illustre le lien direct entre insécurité et propagation des épidémies, un enjeu encore peu pris en compte dans les discussions politiques.

À Sange, localité proche de la plaine de la Ruzizi, plus de 800 patients ont été pris en charge ces dernières semaines par Médecins Sans Frontières (MSF), confrontée à la plus importante flambée enregistrée dans la zone depuis cinq ans. Les déplacements massifs de populations fuyant les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les groupes d’autodéfense Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23 compliquent considérablement la riposte sanitaire.

Selon MSF, l’accès à l’eau potable constitue le principal défi. Les infrastructures de captage, obstruées par le sable et la terre, ne peuvent plus être entretenues en raison de l’insécurité. Cette pénurie favorise la consommation d’eau contaminée et accélère la transmission de la maladie dans des communautés déjà fragilisées.

Après huit semaines d’intervention d’urgence, l’organisation indique que les cas ont diminué de 90 %, grâce au soutien apporté au centre de traitement du choléra de l’hôpital général de Sange et au centre de santé de Ndunda, ainsi qu’à l’installation d’une cinquantaine de points de chloration.

Toutefois, une explosion meurtrière survenue fin janvier a contraint les équipes à évacuer temporairement la zone, poursuivant leurs activités à distance. Un rappel brutal que, dans l’est congolais, la santé publique reste étroitement tributaire de l’évolution du conflit.