L’avenir de la présence militaire européenne au Mali sera scellé d’ici le 15 février

L’avenir de la présence militaire européenne au Mali sera scellé d’ici le 15 février

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal a annoncé hier mardi, que les pays partenaires du groupement européen de forces spéciales Takuba vont travailler «d’ici la mi-février» pour «prévoir une adaptation» de leur dispositif au Mali au regard de l’«isolement progressif» de ce pays. 

La junte au pouvoir au Mali a décidé récemment d’exiger le retrait d’un contingent des forces spéciales danoises, venu grossir les rangs de la force Takuba, qui regroupe 800 militaires au Mali. De son côté la Norvège a annoncé ce mardi, qu’elle renonçait à envoyer un petit contingent militaire qui devait intégrer la force européenne antidjihadiste au Mali, faute d’accord avec la junte en pleine brouille avec les Européens. 

L’annonce lundi de l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer a fait culminer les tensions entre Bamako et Paris, qui compte encore plus de 4.000 militaires au Sahel, dont plus de la moitié au Mali, malgré un allègement du dispositif entamé l’été dernier, compensé par l’arrivée de renforts européens.

Les relations bilatérales n’ont cessé de se détériorer entre Paris et Bamako, depuis que des colonels ont pris par la force en août 2020 le pouvoir au Mali, un pays ouest-africain plongé depuis 2012, dans une profonde crise sécuritaire et politique. 

Cette crise s’est accentuée par l’accusation de la France et ses alliés européens d’un recours par la junte malienne aux mercenaires de la société russe Wagner, réputée proche du Kremlin, ce que la junte persiste à démentir. 

Les putschistes sont entrés ces derniers mois en résistance face à une grande partie de la communauté internationale, dont les voisins du Mali, et nourrissent le sentiment antifrançais régional latent. 

De nombreux observateurs s’attendent à ce que la France se retire du Mali, après neuf ans d’engagement au prix de 48 morts, pour un total de 53 militaires tués dans la région du Sahel, ce qui représentait un cuisant revers pour le président français Emmanuel Macron, à trois mois de l’élection présidentielle à laquelle il va sans doute se représenter, alors qu’il assure la présidence tournante de l’Union européenne.