Le rejet de la loi de finances 2022 au Portugal fait planer le risque d’élections anticipées

Le rejet de la loi de finances 2022 au Portugal fait planer le risque d’élections anticipées

Le refus cette semaine des députés d’extrême gauche de soutenir Antonio Costa, le chef socialiste du gouvernement, et son projet de loi de finances 2022, menace de plonger le Portugal dans une crise politique dont le pays se serait bien passé et qui pourrait conduire à des élections anticipées.

Le PCP, le parti communiste, et le Bloc de gauche, un parti d’extrême gauche, exigeaient davantage de ce budget de l’Etat, sur le plan social et économique, et surtout en matière de droit du travail. Leur appui était pourtant indispensable aux socialistes au pouvoir, qui n’ont pas la majorité au Parlement. 

L’inflexibilité des partis d’extrême gauche pourrait signer la fin du gouvernement socialiste d’Antonio Costa. Il y a quelques jours, estimant que le pays a besoin d’un gouvernement fort alors que la situation économique post-Covid reste fragile, le président portugais, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, déclarait que si le budget de l’Etat n’était pas voté, il serait dans l’obligation de dissoudre l’Assemblée et de convoquer des élections anticipées, alors qu’elles sont prévues pour 2023. 

Si le rejet de la loi de finances, une première depuis l’avènement de la démocratie portugaise en 1974, n’implique pas automatiquement la chute du gouvernement ou l’anticipation des élections prévues normalement pour l’automne 2023, le chef de l’Etat, élu au suffrage direct et reconduit en janvier, dispose néanmoins du droit de dissoudre le Parlement en vertu de son rôle d’arbitre en situation de crise. 

Cette mésentente est inédite entre les partis de gauche portugaise marque la fin de l’union inédite en 40 ans de démocratie formée en 2015 entre les communistes, l’extrême gauche et les socialistes. Tous ces partis s’étaient réunis dans le rejet de l’austérité imposée par la droite et le FMI au sortir de la crise financière de 2008-2011. 

Mais déjà, après les législatives de 2019, qui l’ont renforcé aux dépens de la gauche radicale, Antonio Costa n’a pas reconduit l’alliance, gouvernant avec le seul Parti Socialiste (108 députés sur 230) et négociant au coup par coup. 

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