Chypre-Nord : un pro-turc et un pro-réunification au second tour de la présidentielle

Chypre-Nord : un pro-turc et un pro-réunification au second tour de la  présidentielle

Le Conseil électoral de la RTCN, la République turque de Chypre-Nord, reconnue uniquement par la Turquie, a annoncé hier dimanche soir que le candidat soutenu par la Turquie, Ersin Tatar, 60 ans, était arrivé en tête du premier tour avec 32.35% des voix, devant le « président » sortant Mustafa Akinci, 72 ans en froid avec le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan, qui a récolté 29.84%. La participation s’est élevée à 58.21% (environ 199 000 inscrits) contre 62% en 2015. 

Le second tour opposera les deux hommes le 18 octobre prochain. Mustafa Akinci prône une réunification de Chypre sous la forme d’un Etat fédéral. Il est talonné par un autre social-démocrate, Tufan Erhuman, qui a remporté 21.68% des voix et dont le parti doit encore se décider sur la position à adopter pour le second tour. 

Les experts estiment cependant qu’Ersin Tatar, actuellement « Premier ministre » du gouvernement auquel revient une grande partie des pouvoirs exécutifs, pourrait facilement l’emporter en raison de reports des voix avec plus de 55% des voix. Il bénéficie d’ailleurs du soutien ouvert de la Turquie. 

Cette élection présidentielle a lieu sur fond de tensions en Méditerranée orientale autour de l’exploitation d’hydrocarbures entre Ankara et Athènes, principal allié de la République de Chypre qui exerce son autorité sur les deux tiers sud de l’île et est membre de l’Union européenne. 

La République turque de Chypre-Nord, avec ses plus de 300 000 habitants, est établie sur le tiers nord de l’île, occupé depuis 1974 par la Turquie en réaction à un coup d’Etat pour rattacher Chypre à la Grèce. 

La Turquie, dont les côtes sont distantes de quelque 80 kilomètres de celles de Chypre, considère l’île comme une pièce majeure dans sa stratégie pour étendre ses frontières maritimes. Et depuis quelques années, les négociations pour une réunification butent notamment sur la question du retrait des quelque 30 000 soldats turcs présents dans la partie occupée. 

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