Maroc : la coalition gouvernementale suspendue à l’arbitrage du roi

Le gouvernement marocain sera-t-il contraint à un remaniement après la décision de l’une de ses composantes de se retirer du cabinet conduit pas les islamistes du PJD ? Le parti de l’Istiqlal qui a annoncé son retrait, a suspendu sa décision à un arbitrage du roi Mohammed VI.
Le souverain marocain devrait trancher le différend qui oppose les deux principales formations de la majorité, le Parti de la Justice et du Développement du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, et le vieux parti nationaliste de l’Istiqlal. Le secrétaire général de ce dernier, Hamid Chabat a été reçu mercredi par le roi Mohammed VI. Le chef de l’Istiqlal a expliqué au souverain marocain les raisons de la décision de sa formation de se retirer du gouvernement. L’Istiqlal attend « sous peu » la réponse du Roi qui, selon la Constitution, est le garant du bon fonctionnement des institutions du pays, a expliqué Hamid Chabat. Les différends entre les deux partis alliés ont commencé à poindre avec l’élection, en septembre 2012, de Hamid Chabat à la tête du parti de l’Istiqlal. Dirigeant syndicaliste et redoutable tribun, Hamid Chabat est aussitôt entré en conflit avec l’islamiste Abdelilah Benikrane.
Il reproche notamment au chef du gouvernement l’absence de concertation avec son parti, voire le monopole des décisions du gouvernement. Les différentes propositions de l’Istiqlal pour faire face à la crise économique et financière ont été dédaigneusement ignorées par l’islamiste Abdelilah Benkirane.
Les relations se sont rapidement envenimées entre les deux partis alliés, au point que l’Istiqlal est devenu une véritable voix d’opposition à l’intérieur même de la majorité. Finalement, en mai dernier, le parti de l’Istiqlal a décidé de claquer la porte du cabinet Benkirane, constitué au début de 2012. La décision du parti a toutefois été suspendue en attendant un arbitrage royal, alors que le chef du gouvernement attend que le retrait de son allié soit « effectif » pour se prononcer.

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