Amman et Tripoli craignent la contagion des émeutes en Tunisie et en Algérie

La Jordanie et la Libye ont déjà réagi par crainte d’être contaminées par la vague des agitations sociales qui ont secoué l’Algérie et continuent à ébranler la Tunisie. Les violentes manifestations déclenchées d’abord en Tunisie par les jeunes sans emploi et puis en Algérie contre la cherté de la vie,

faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés dans des confrontations avec les forces de l’ordre, pourraient fort bien s’étendre à d’autres pays du flanc sud de la Méditerranée. Amman et Tripoli ont déjà anticipé pour ne pas à avoir à faire face à de pareilles agitations aux conséquences imprévisibles. Dans le Royaume hachémite où se préparaient déjà des manifestations pour vendredi prochain, le roi Abdallah II a donné ses directives pour que les hausses annoncées des prix de certains produits, dont les denrées alimentaires de base, soient immédiatement suspendues. Cette décision vise à « atténuer l’impact de la hausse des prix des produits de base sur le niveau de vie des citoyens ». Les signes du mécontentement social sont devenus très visibles au lendemain de l’annonce d’une hausse imminente des tarifs des transports en commun et des prix du riz et du sucre. En Libye, pays voisin de la Tunisie où la situation est presqu’incontrôlable, les autorités ont tout simplement décidé, à titre préventif, la suppression des droits de douane et toute autre taxe sur les produits alimentaires, notamment de première nécessité, dont le lait en poudre pour enfants. Tripoli justifie sa décision par d’éventuelles répercussions négatives de la flambée des prix des produits alimentaires dans le monde sur le pouvoir d’achat des citoyens. Déjà en 2010, le gouvernement libyen aurait déboursé près de 6 milliards de dollars sous forme de subventions, pour les produits de première nécessité, le carburant et les médicaments. Par ailleurs l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a prévenu la semaine dernière, que l’indice mesurant les évolutions de prix d’un panier de céréales, d’oléagineux, de produits laitiers, viande et sucre est aujourd’hui au plus haut depuis sa création en 1990. Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU, Olivier de Schutter qualifie de «très dangereuse» la hausse actuelle des prix des denrées alimentaires qui présage, selon lui, une crise alimentaire à l’image de celle de 2008. «En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008», s’est inquiète le responsable de la FAO. La hausse des prix des denrées alimentaires de base et les taux élevés du chômage qui touche notamment les jeunes diplômés risquent de mettre à rude épreuve plus d’un gouvernement des pays de la rive sud de la Méditerranée.

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