Italie : victoire à la Pyrrhus pour Berlusconi

Silvio Berlusconi a échappé de peu à la censure au parlement. Trois petites voix (314 voix contre 311 et deux abstentions), lui ont permis de sauver son gouvernement. Ce vote inattendu montre la formidable capacité du président du Conseil à retourner en sa faveur les situations les plus désespérées. Mais pour combien de temps encore ? Ses anciens alliés l’ont promptement lâché, alors que les étudiants manifestaient violemment contre son gouvernement et que des milliers de personnes marchaient dans les rues de Rome en réclamant la démission du Cavaliere.

Gianfranco Fini (Futur et Liberté) farouche rival de Berlusconi après avoir été son solide allié, a qualifié le vote au parlement de « victoire numérique mais pas politique ». Une majorité fragile, synonyme de paralysie, qui n’offrira pas de marge suffisante à Berlusconi pour gouverner durablement. Les observateurs pensent même que ce vote étriqué n’est que le prélude à des élections anticipées. Celles-ci pourraient intervenir dans les trois prochains mois, tout au plus. Ce pourrait être même l’issue la plus rêvée par Berlusconi et ses alliés de la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, pour sortir de la situation de blocage. Silvio Berlusconi pourrait certes compter sur le soutien des centristes de l’UDC (Union Du Centre) de Pier Ferdinando Casini. Mais parviendra-t-il à loger sous la même coalition les centristes et la Ligue du Nord, dont les positions sont notoirement inconciliables ?
Même si la perspective d’élections anticipées peut paraître une issue de secours pour Berlusconi, ce n’est pas gagné d’avance là non plus. Car le président de la République, Georgio Napolitano, n’est pas très chaud à l’idée d’élections anticipées qui pourraient aggraver l’instabilité politique en ces temps incertains de crise économique et financière.

 

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