La rupture politique entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye apparaît désormais au grand jour. Lors d’une conférence de presse tenue mardi à Dakar, l’ancien Premier ministre a expliqué les raisons ayant conduit le Pastef-Les Patriotes à refuser de participer au nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lô.
Selon Sonko, les discussions menées avec le chef de l’État ont révélé des divergences majeures sur plusieurs orientations stratégiques du pays. Parmi les principaux points de désaccord figurent la réforme de la justice, la reddition des comptes, la poursuite de la renégociation des contrats économiques jugés défavorables au Sénégal ainsi que la gestion de la dette publique.
Le dirigeant du Pastef a notamment affirmé ne pas avoir obtenu de garanties suffisantes concernant les engagements financiers du gouvernement et les futures relations avec les bailleurs internationaux. Il a également exprimé ses réserves sur la politique de subventions et sur la vision défendue par le pouvoir en matière de gouvernance judiciaire.
Au-delà des questions programmatiques, la composition du gouvernement a constitué un autre sujet de friction. Ousmane Sonko a déclaré avoir estimé que son parti, majoritaire sur la scène politique sénégalaise, devait disposer d’une représentation significative au sein de l’exécutif. Selon lui, le Pastef ne pouvait intégrer un gouvernement sans contrôler au moins la moitié des portefeuilles ministériels.
L’ancien chef du gouvernement a également contesté la légitimité politique de la nouvelle équipe, malgré la présence de plusieurs personnalités proches de son mouvement. Toutefois, il a exclu, pour l’heure, toute initiative visant à renverser l’exécutif, affirmant que le Pastef ne déposerait pas de motion de censure contre le gouvernement.
Cette prise de position confirme l’existence de tensions croissantes au sommet de l’État et ouvre une nouvelle phase d’incertitude dans les relations entre la présidence et la principale force politique ayant porté l’alternance de 2024.
