France : le gouvernement prêt à discuter de l’autonomie de la Corse

France : le gouvernement prêt à discuter de l’autonomie de la Corse

En réponse aux tensions qui agitent la Corse depuis l’agression du militant indépendantiste Yvan Colonna, le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué la possibilité d’accorder à l’ile son autonomie.  

Dans les colonnes du quotidien Corse-Matin hier mardi, Gérald Darmanin a affirmé que le gouvernement est prêt à aller jusqu’à l’autonomie de la Corse. Mais selon un extrait d’un entretien avec le journal publié sur le site internet de celui-ci, le préalable à une discussion entre les élus corses et le gouvernement autour de l’avenir de la Corse est le retour au calme. 

Cette déclaration est survenue à la veille d’une visite de deux jours du ministre en Corse après deux semaines de tensions autour de l’agression d’Yvan Colonna, une agression qualifiée par Gérald Darmanin d’ « acte manifestement terroriste » et « dont l’objet aurait été le blasphème ».

L’agression d’Yvan Colonna le 2 mars dernier à la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône) où il purgeait une peine à perpétuité pour sa participation à l’assassinat du préfet Erignac en 1998 à Ajaccio a suscité plusieurs manifestations violentes, notamment celle de dimanche à Bastia qui a fait 102 blessés, dont 77 parmi les forces de l’ordre selon le parquet. 

Yvan Colonna se trouvait toujours dans le coma hier mardi, dans un état « gravissime » selon son avocat Maître Patrice Spinosi. Son agresseur, Franck Elong Abé, qui purgeait lui aussi une peine pour terrorisme, a été mis en examen le 6 mars pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». Hier mardi, les nationalistes ont maintenu la pression sur le gouvernement avec des rassemblements devant les préfectures, dans un contexte explosif. 

Les responsables nationalistes corses demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions de l’agression d’Yvan Colonna, et l’ouverture d’un « véritable dialogue » entre l’Etat et la Corse pour trouver « une solution politique globale », selon les mots de Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif de Corse et ancien avocat d’Yvan Colonna, qui réclame un statut d’autonomie.