Tunisie : Ennahda vs UGTT

La crise politique et sociale en Tunisie est en train de tourner à la confrontation entre le principal syndicat UGTT et le gouvernement islamiste d’Ennahda. Ce dernier doit faire face à l’épreuve d’une grève générale annoncée pour le 13 décembre.Le puissant syndicat UGTT (Union générale tunisienne du travail) qui compte quelque 500.000 adhérents, a appelé à une grève générale sur tout le territoire tunisien. Cette escalade intervient deux années presque jour pour jour après la révolte de décembre 2010 qui s’est terminée par la chute du régime Ben Ali.

L’UGTT entend protester contre les intimidations des militants islamistes proches du parti au pouvoir, qui sont souvent accompagnées de violences. Mardi dernier, le siège du syndicat a été attaqué par des éléments que l’UGTT accuse d’être liés au parti Ennahda. Mais le plus grave, c’est que le débrayage risque d’enflammer le front social, déjà passablement agité par le mécontentement social dans plusieurs régions du pays. Les manifestations des jeunes au chômage tournent souvent à la confrontation avec les forces de l’ordre, plongeant le pays dans une instabilité chronique depuis deux ans. Les violents affrontements qui se sont produits la semaine dernière à Siliana, dans une région défavorisée au sud-ouest de la capitale Tunis, sont révélateurs de la précarité de la situation sociale dans le pays. Et pour ne rien arranger aux choses, Rached Ghannouchi, le dirigeant historique du parti Ennahda, a décoché ses flèches conte l’UGTT, l’accusant de dépasser son rôle syndical pour s’imposer comme « un parti de l’opposition radicale ». Le bras de fer se poursuit dans la rue alors que parallèlement, le blocage persiste entre les principales forces politiques du pays qui ne s’entendent toujours pas sur la future constitution tunisienne.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *