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Algérie : Abdelaziz Belkhadem, persona non grata au FLN

La tension est montée d’un cran au sein du Front de Libération Nationale (FLN), un des partis algériens donnés grands favoris pour les législatives du 10 mai. A l’heure où les partis politiques en lice procèdent aux derniers réglages en prévision de la campagne électorale qui débute officiellement, le 15 mai, plus de deux cent membres du Comité central du FLN, parti au pouvoir en Algérie, ont appelé ce lundi au départ de leur Secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem.

Ce dernier qui est à la tête du FLN depuis 2005 après la chute de l’ancien secrétaire général et ex-Premier ministre, Ali Benflis, est accusé par ses disciples, d’avoir exclu « les symboles » du parti des listes de candidatures pour les législatives du 10 mai. Les membres du comité central reprochent plus exactement à Belkhadem, d’avoir élaboré des listes « sur la base du népotisme, des allégeances et de l’influence de l’argent, lesquels ont suscité des foyers d’anarchie et de division dans les rangs du parti ». Au terme d’une réunion tenue le jour même, au siège central du parti, les contestataires exigent dans un communiqué, la convocation d’une « session extraordinaire » du Comité central dans les plus brefs délais et ce avant la date des législatives. L’objectif étant, précise la même source, de « sauver le parti et corriger sa trajectoire par l’élection d’une nouvelle direction pour la gestion de ses affaires ». Le parti de Belkhadem qui occupe aussi le poste de ministre d’Etat et de représentant personnel du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, est ainsi confronté à sa seconde crise après celle de 2010 qui a vu l’apparition d’une dissidence comprenant des ministres, dont l’ancien ministre, Mohamed Seguir Kara. Pour retirer la confiance au Secrétaire général, a expliqué ce dernier, il suffit de recueillir les voix de 50% des 351 membres du Comité central, plus un membre. « Après quoi, ajoute-t-il, les présents désigneront une équipe qui gérera les affaires du parti jusqu’à la convocation d’un congrès extraordinaire après les élections ». Le Front de Libération Nationale, parti majoritaire au parlement (136 sur 389 sièges), est crédité de 25% d’intentions de vote par un récent sondage d’ECOtechnics publié le 6 avril dernier, par le quotidien algérien « El Watan ». La deuxième position reviendrait au Rassemblement National Démocratique (RND), d’Ahmed Ouyahia, avec une part de 5 % des intentions de vote, alors que le taux de participation atteindrait 44 %. Des pronostics à prendre avec une grande précaution, car le scrutin du 10 mai, risque d’être plein de surprises comme ce fut le cas dans les autres pays de la région (Maroc, Tunisie, Egypte), où les formations islamistes ont pris le dessus lors des dernières consultations législatives.

 

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