Alger joue la carte maghrébine pour sortir de son isolement !

L’Algérie qui paraissait, depuis le début du printemps arabe, complètement isolée au plan diplomatique, pour avoir choisi de naviguer à contre-courant des événements, chercherait à présent à renouer avec ses voisins maghrébins pour briser cet isolement. Hormis le vieux conflit du Sahara Occidental qui l’oppose depuis des années au Royaume chérifien, le pouvoir algérien était pratiquement l’un des rares pays arabes à s’être opposé à l’intervention de l’Otan en Libye, alors que le régime déchu était en conflit avec la rébellion.

L’Algérie fait aussi l’exception arabe en continuant à soutenir le régime syrien de Bachar Al Assad, comme elle récuse toute intervention occidentale dans la bande sahélo-saharienne, où s’active Al Qaïda au Maghreb Islamiste (Aqmi). Les autorités d’Alger qui maintiennent fermées leurs frontières occidentales avec le Maroc depuis 1994, avaient également fermé leurs frontières sud-est avec la Libye et resserré les contrôles au long de leur frontière avec la Tunisie. Les mêmes mesures ont été appliquées au niveau des frontières avec les pays du flanc sud (Mauritanie, Mali et Niger) et ce au lendemain de l’enlèvement des trois humanitaires européens, le 23 octobre dernier dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf. De telles mesures ont fait de l’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika, un îlot complètement isolé de son voisinage immédiat. Pour sortir le pays de son cocon, les autorités algériennes ont tout récemment fait de nombreux gestes politico-diplomatiques envers leurs quatre voisins maghrébins, accompagnés de messages et de déclarations officielles qui appellent à des retrouvailles intermaghrébines. Elles ont appelé pour la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil des ministres de l’UMA, et annoncé un plan de rapprochement avec les quatre voisins de l’union du Maghreb Arabe. Le département des affaires étrangères précise que cette action s’inscrit dans le cadre « d’un plan ambitieux pour renforcer ses relations avec ses voisins, que ce soit le Maroc, la Mauritanie, la Tunisie ou la Libye ». Le président algérien Bouteflika a reçu à Doha, capitale du Qatar, le président du CNT libyen, Mustapha Abdeljalil, et le président du mouvement tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi a été officiellement invité pour une visite en Algérie. Enfin une réunion de la commission mixte algéro-mauritanienne, tenue la semaine dernière, a été couronnée par des accords portant sur une coopération stratégique entre les deux pays. Selon un spécialiste des questions maghrébines, il s’agit de signes forts que l’équipe dirigeante au Palais Al Mouradia, tente d’envoyer à ses voisins, pour relancer le vieux rêve unioniste maghrébin et faire sortir le pays de son isolement.

 

 

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