L’inamovible Berlusconi sur un siège éjectable

Après avoir longtemps résisté à toutes les tempêtes, le chef du gouvernement italien, le séditieux Silvio Berlusconi ou l’homme à scandales, se trouve vraisemblablement sur un siège éjectable. Il devrait démissionner dans les cinq prochains jours à venir, à moins d’un miracle, comme ceux qui ont déjà prolongé la durée de vie de son gouvernement de droite, malgré les nombreuses motions de censures de l’opposition. Le Président du Conseil italien devrait présenter sa démission après l’adoption d’ici dimanche de la nouvelle loi de finances et des réformes économiques promises au G20 et à l’Union européenne, a annoncé mardi soir la présidence de la République italienne.

A l’issue d’une rencontre de plus de 45 minutes entre Berlusconi et le président italien, Giorgio Napolitano, la même source précise qu’après l’adoption de cette loi, « le président du Conseil remettra son mandat au chef de l’Etat qui procédera aux consultations » habituelles avec les partis de la majorité et de l’opposition, pour la formation d’un nouveau gouvernement. La rencontre entre Berlusconi et Napolitano intervient après un vote-test à la chambre des députés, qui a consacré la perte par le gouvernement de la majorité absolue à la Chambre des députés. Le texte soumis au vote, qui concernait le bilan des finances publiques en 2010, a été approuvé par 308 voix, et 321 abstentions, soit 8 voix de moins que la majorité absolue. Faisant face à une dette publique de plus de 1900 milliards d’euros (120 pc du PIB), le gouvernement de centre-droit en place en Italie s’était engagé, la semaine dernière, à mettre en œuvre des mesures draconiennes pour réduire cette dette et rassurer les marchés et les investisseurs. Berlusconi était revenu triomphalement au pouvoir en avril 2008 après avoir été déjà deux fois président du conseil : en 1994-95, une première expérience écourtée en raison de dissensions avec ses alliés, et de 2001 à 2006. Pour rassurer ses détracteurs, il Cavaliere leur a même promis qu’il ne se présenterait pas aux élections législatives anticipées qui pourraient se tenir prochainement. Il en est autrement pour les intervenants sur les marchés obligataires, le départ de Silvio Berlusconi pose visiblement davantage de questions qu’il ne résout une crise. Pour la première fois depuis l’avènement de l’euro sur les marchés, le taux des emprunts d’Etat italien à 10 ans a franchi la ligne des 7%. Un cap qui risque, estime-t-on, de rendre insoutenable le niveau actuel de la dette italienne, de 1.900 milliards d’euros (120% du PIB).

 

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