Washington fâchée contre l’admission de la Palestine à l'UNESCO

Les Palestiniens ont enregistré ce lundi à Paris une victoire diplomatique aussi symbolique que significative sur la voie de la reconnaissance internationale de leur Etat, en obtenant le statut de membre à part entière de l’Unesco. L’admission de la Palestine par une large majorité en tant que 195ème Etat membre de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a provoqué, comme on pouvait s’y attendre, la colère des Etats-Unis qui s’y opposaient. « La Conférence générale décide de l’admission de la Palestine comme membre de l’Unesco », dit la résolution adoptée lundi au siège de l’Unesco à Paris, par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, dont les Etats-Unis, le Canada et l’Allemagne. Le vote a eu lieu malgré les pressions de certains pays hostiles à cette adhésion, et à leur tête bien entendu Israël et les Etats Unis.

Washington, qui jugeait la requête des Palestiniens « prématurée » et « contre-productive », menace aussi de suspendre leur contribution de 70 millions de dollars (50 millions d’euros) à l’Unesco, soit 22 % du budget de l’organisation. La France, un peu hésitante au départ, s’est finalement prononcée en faveur de l’adhésion à l’instar de la quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains. Ce vote vient entériner la recommandation du Conseil exécutif de l’Unesco en faveur de cette admission, adoptée le 5 octobre dernier par une forte majorité de 40 voix sur 58. La demande d’admission de la Palestine à l’Unesco avait été formulée pour la première fois en 1989, sans succès jusqu’à aujourd’hui, alors que l’Acte constitutif de l’Unesco n’empêche pas un Etat non membre des Nations Unies de devenir membre de l’agence spécialisée de l’ONU. Avec cette victoire, la Palestine pourra aspirer devenir également membre à part entière de l’ONU. Le président palestinien Mahmoud Abbas avait déposé officiellement le 23 septembre dernier, une demande d’adhésion auprès de l’ONU. Le Conseil de sécurité, où Washington détient un droit de veto, est le seul habilité à autoriser une telle demande. Les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu’ils sont prêts à recourir à cette arme pour bloquer la demande palestinienne. Le vote aura lieu le 11 novembre 2011. L’admission de la Palestine à l’Unesco est « un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits », s’est réjouit peu après le vote, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Malki.

 

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