Le sanglant épisode de l’ETA tire à sa fin

Ekin, un groupe radical illégal considéré par la justice espagnole comme étant le cœur battant de l’ETA, chargé d’appliquer la stratégie politique de l’organisation terroriste basque, a décidé de s’autodissoudre. Ainsi l’organisation indépendantiste basque ETA n’a plus commis d’attentat depuis 2009 et a déclaré une trêve unilatérale en janvier dernier. Les pressions dans le pays basque s’accentuent sur l’ETA, à l’approche des élections législatives anticipées du 20 novembre.

Considérée comme une organisation terroriste non seulement par le gouvernement espagnol mais également par les Etats-Unis et l’Union européenne, l’ETA est acculée à renoncer définitivement à la violence et à accepter une normalisation politique. L’annonce de la dissolution d’Ekin est « un pas de plus » dans cette normalisation, mais « le pas définitif, celui que nous désirons, que nous attendons, c’est que l’organisation terroriste basque ETA abandonne pour toujours les armes», a commenté le porte-parole du gouvernement, José Blanco. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Antonio Camacho a estimé que la fin de l’ETA était « plus proche que jamais » et que l’organisation était « entrée dans un processus de dissolution irréversible ». Sur le terrain politique, le débat du devenir d’Ekin a été lancé au printemps. Le 22 mai dernier, la coalition d’indépendantistes basques Bildu a créé la surprise aux municipales en devenant la deuxième force politique du Pays basque et en remportant la mairie de Saint-Sébastien. Le 23 septembre dernier, les détenus de l’ETA ont annoncé à partir de leurs cellules, leur intention d’adhérer à l’accord de Guernica, qui demande la fin des attentats de l’ETA. Ekin, créée en 1999, a été déclarée illégale en 2007 et a été décimée après l’arrestation en septembre 2010 de neufs de ses dirigeants présumés. En janvier 2011, un cessez-le-feu « permanent » a été décrété de façon unilatérale, par le groupe armé, qui aurait commis 829 assassinats en 40 ans. Plusieurs membres du gouvernement espagnol pensent que l’Espagne est en phase de tourner la sanglante page du terrorisme basque.

 

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