Procès Moubarak : une catharsis collective pour les égyptiens ?

Les Égyptiens ont-il réussi une catharsis collective avec le procès surmédiatisé du président déchu, Housni Moubarak ? L’image du Raïs  comparaissant devant le tribunal sur une civière, à demi caché par les barreaux grillagés, n’a laissé personne indifférent.
Pas même les observateurs neutres. Compatissants ou insensibles, ils reconnaissent tous que la mise en scène, presque tragicomique du procès, est destinée surtout à clamer la rue. La hiérarchie militaire qui conduit tant bien que mal la barque de la transition, sait qu’elle navigue dans une mer agitée.

Les manifestations du vendredi 29 juillet sur la place Tahrir ont tiré la sonnette d’alarme. Près d’un million de personnes, majoritairement des islamistes salafistes, ont pour la première fois exigé l’application de la charia et le jugement de tous les responsables du  système Moubarak. Des revendications qui se radicalisent de plus en plus et qui font craindre le pire, aussi bien à l’armée qu’aux courants démocratiques. Cette période de vide à la tête de l’Etat est particulièrement risquée, surtout que les élections législatives de novembre représentent une grande inconnue. Un raz-de-marée islamiste n’est pas à exclure, mais le mouvement démocratique peut encore s’organiser pour se présenter en front commun.
En outre, l’incertitude politique est aggravée par les soucis économiques dans plusieurs secteurs sensibles. Depuis le début de la révolution, fin janvier, le secteur du tourisme est sinistré, alors qu’il représente l’une des principales sources de devises du pays.
Dans ce contexte, l’ouverture du procès de Moubarak et de ses fils aura eu au moins le mérite de calmer les esprits, en attendant la suite.

 

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