Les biens du président syrien en France risquent bientôt d’être gelés

Après le gel des avoirs des ex-présidents déchus, le tunisien Zine El Abidine Ben Ali et l’égyptien, Mohamed Hosni Moubarak, c’est probablement au tour de leur homologue syrien, Bachar Al-Assad de subir le même sort. Une plainte dans ce sens, a été déposée ce mercredi, auprès de tribunaux à Paris, par deux organisations non gouvernementales, Sherpa et Transparency International France.

Ces deux ONG ont annoncé mardi qu’elles allaient déposer plainte contre le président syrien Bachar Al-Assad et son entourage pour que soient identifiés et gelés leurs biens et avoirs en France. Cette démarche, précise l’avocat de Sherpa, Me William Bourdon, a pour objectif « d ‘obtenir l’ouverture d’une enquête qui permettrait d’identifier les avoirs qu’ils (le président Bachar et son clan) pourraient posséder en France, soit en leur nom propre soit par l’intermédiaire de prête-noms » et, le cas échéant, « d’ordonner leur gel afin d’éviter qu’ils ne soient délocalisés ». Suite à une plainte déposée par les mêmes ONG, deux informations judiciaires contre X pour blanchiment en bande organisée, l’une visant l’ex-président tunisien Ben Ali, l’autre l’ex-président égyptien Hosni Moubarak avaient été ouvertes en juin à Paris. Les deux organisations de défense des droits de l’homme ont choisi ce moyen pour sanctionner les régimes autoritaires arabes pour les abus commis contre leurs populations civiles qui réclament plus de libertés et de démocratie à travers des mouvements de contestation pacifiques. La Syrie est justement, le théâtre depuis la mi-mars, d’un mouvement de contestation dont une répression aveugle a fait plus de 1.600 morts civils, entraîné l’arrestation de plusieurs milliers de personnes et forcé des milliers d’autres à fuir vers le Liban ou la Turquie. Les témoignages et vidéos photos amateurs qui parviennent aux ONG de défense des droits de l’homme sur les exactions du régime de Bachar al-Assad, font état d’enlèvements en série, de tortures perpétrées dans des prisons de plus en plus remplies à craquer –des stades ont été utilisés pour pallier au manque de places-. Ces témoignages accablants qui ne laissent point de doutes sur l’ampleur de la répression, parlent aussi de villages entièrement démolis ou nettoyés maison par maison, de tirs d’hélicoptères et de tanks sur des manifestants, de policiers armés de machettes qui prennent pour cible les manifestants dans divers coins du pays. Dans une vaine tentative de calmer le mouvement de révolte, le gouvernement syrien a approuvé dernièrement un projet de loi prévoyant l’autorisation de formation de partis politiques autres que le parti unique « Baas » du président Bachar al-Assad. Mais cette mesure a été ignorée en bloc par l’opposition qui a fait savoir qu’elle n’accepterait rien d’autre que le départ de Bachar al-Assad et de ses hommes.

 

 

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