Maroc : le référendum M6 aurait mobilisé 3 votants sur 4

En ce jour de référendum constitutionnel, les marocains attendaient « le » chiffre avec impatience et parfois, un peu d‘appréhension. Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de la proportion de « OUI » à la nouvelle constitution, puisque d’ores et déjà, il semblerait que le nouveau texte serait approuvé à une large majorité.

En fait, c’est le taux de participation qui était l’objet principal de toutes les attentions, devenant le véritable baromètre de l’adhésion ou non  des marocains à la réforme. Les craintes sont désormais levées dans leur majorité avec un chiffre considéré comme « historique » par les autorités marocaines de 70,62 % de taux de participation pour seulement les 2/3 des urnes, annoncé officiellement par le ministère de l’intérieur du Royaume Chérifien vers 22 :30 heures.
Ce chiffre constitue une bonne surprise pour les autorités marocaines dans la mesure ou les dernières élections, qu’elles soient locales ou nationales, ont eu du mal à franchir la barre symbolique des 50%, reflétant la profonde désaffection des marocains de la politique et leur désintérêt croissant pour leurs instances élues. Mohammed VI, qui avait mis son crédit personnel  dans la balance en appelant à voter « OUI » lors de cette consultation référendaire, semble en passe de remporter son pari de modernisation « soft » de son pays. Au-delà des chiffres de la participation, que le palais voudrait présenter  comme une victoire personnelle du monarque, un autre enjeu se profile désormais : que faire de la contestation qui se situe en dehors du champ politique traditionnel, dont les jeunes du mouvement du 20 février, qui avaient appelés à boycotter la consultation, et qui semblent ne pas avoir été suivis. En effet, la question de la place qui sera occupée lors de prochains mois par ce mouvement sera centrale avant les prochaines échéances, de probables législatifs anticipés à l’automne. Déjà, certains leaders emblématiques du mouvement, dont Oussama El Khlifi, envisageraient la possibilité de s’engager en politique et donc de revenir de facto aux canaux traditionnels. Une option qui ne serait pas pour déplaire aux partis politiques marocains, qui rivalisent d’ores et déjà  d’arguments pour attirer dans leur giron ces politiciens en herbe nés sur  Facebook.

 

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