Le guide libyen Kadhafi serait en train de chercher un lieu sûr pour son exil

Harcelé par les frappes aériennes de la coalition internationale et ayant peur de subir le même sort que ses homologues égyptien et ivoirien, le colonel Mouammar Kadhafi serait vraisemblablement en train de chercher un lieu sûr pour son exil. Ces derniers temps, ses hommes de confiance ont multiplié les missions top-secrètes à l’étranger.

Il est question de trouver un pays d’exil avec l’assurance que Kadhafi et sa famille ne soient pas livrés à la justice libyenne ou internationale (CPI – Cour pénale internationale). Après les sorties du ministre des affaires étrangères, Abdelati Obeidi, son vice-ministre chargé des Affaires arabes, Omran Boukraa vient d’entreprendre une tournée dans les capitales maghrébines, porteur d’un message de Kadhafi, dont la teneur n’a pas été révélée. Après s’être discrètement rendu à Nouakchott, Boukraa a été reçu lundi à Rabat, par le ministre marocain des Affaires étrangères, Taib Fassi Fihri. Mais, à Rabat comme à Nouakchott, l’émissaire libyen a rencontré la même réaction, à savoir que le conflit libyen ne peut être résolu militairement. Pour le Maroc, a insisté Fassi Fihri, la solution ne saurait être militaire. Elle devrait être, nécessairement politique, ouverte sur l’avenir et permettant, a-t-il dit, au peuple libyen de décider, par lui-même et de manière démocratique, de son avenir. Il a été poliment signifié à l’émissaire libyen que le Maroc s’en tient aux résolutions de l’Onu, appelant à un cessez-le-feu immédiat, à un dialogue politique inclusif qui réponde aux aspirations et demandes légitimes du peuple libyen et à faciliter l’acheminement d’une aide urgente aux populations civiles victimes des violences armées. Le chef de la diplomatie marocaine a rappelé au passage, les liens profonds de fraternité et de solidarité qui unissent les peuples marocain et libyen et leur engagement permanent en faveur de l’idéal maghrébin. Il a aussi réitéré l’attachement du Maroc au respect total de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale de la Libye. « C’est dans cet esprit que le Royaume du Maroc a participé aux réunions internationales, tenues à Paris, à Londres et plus récemment à Doha, consacrées à la crise libyenne », a indique Fassi Fihri, A Nouakchott, l’émissaire libyen a trouvé pratiquement la même réponse, puisque le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz qui faisait partie du panel de cinq chefs d’Etat de l’UA qui a échoué à réunir autour de la même table de dialogue, le guide libyen Kadhafi et les représentants de l’opposition. A Benghazi, les insurgés libyens ont rejeté la feuille de route, exigeant avant toute discussion de paix, le départ préalable, du clan Kadhafi du pouvoir. Le colonel Kadhafi étant susceptible d’être poursuivi par la Cour pénale internationale, pour l’attentat contre le vol 103 de Pan Am, survenu en 1988 au dessus de l’Ecosse et les crimes commis dans son pays, l’administration américaine serait elle-aussi, en train de lui chercher une issue diplomatique, selon le New York Times. L’hypothèse privilégiée serait de trouver un lieu d’exil au dictateur dans l’un des 21 pays (+ la Libye) non signataires du Statut de Rome de 1998, qui créa la CPI.

 

 

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