Kadhafi garde bien l’œil ouvert sur ses officiels

La zone d’exclusion aérienne imposée par l’ONU à la Libye a contraint les officiels du régime libyen d’aller jusqu’en Tunisie pour s’envoler à l’étranger. Avant d’entamer le voyage, ils sont d’abord triés au peigne fin par le colonel Kadhafi qui éprouve une grande méfiance à leur égard par peur de trahison ou de défection. Une fois autorisés, ils empruntent le même itinéraire que celui des milliers d’immigrés ayant fui les affrontements inter-libyens pour trouver refuge dans le pays voisin.

Le dernier à avoir franchi le point de passage frontalier de Ras Jédir (Sud), avant de joindre l’aéroport international de Djerba pour s’envoler vers Chypre, était le nouveau ministre libyen des affaires étrangères, Abdelaati Obeidi. Ce dernier a été perçu mercredi matin au passage frontalier, engouffré dans une voiture qui devait le conduire à l’aéroport de Djerba. Il s’agit du troisième passage en l’espace de deux semaines du ministre Obeidi à Ras Jédir. Lors de son premier transit par le territoire tunisien le 31 mars dernier, Obeidi qui était encore vice-ministre chargé des affaires européennes, avait accompagné jusqu’à Djerba, son prédécesseur, Moussa Koussa, lequel a fait défection en se rendant à Londres. Une semaine plus tard, Obeidi, nommé ministre des AE en remplacement de Koussa, a de nouveau pris l’avion à l’aéroport de Djerba, pour aller « en mission » à Athènes. Il devrait s’entretenir avec son homologue chypriote Markos Kyprianou. Le chef de la diplomatie libyenne avait déjà effectuée une tournée en Grèce, en Turquie et à Malte, avec pour mission de trouver un appui à une issue politique à la crise libyenne. Depuis la défection du ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa qui a retenu un aller simple vers Londres, le guide libyen, le colonel Mouammar Kadhafi surveille étroitement les mouvements des officiels et hauts commis de l’Etat. Kadhafi n’autorise que les hommes dans lesquels il a pleinement confiance à se rendre dans des missions à l’étranger. Mais cela n’empêchera certainement pas de nouvelles défections dans la vieille garde du régime libyen puisque les Kadhafi, père et fils ne peuvent plus franchir la frontière de leur pays. Partout ils sont wanted par les agents d’interpole.

 

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