Lampedusa l’Européenne, Lampedusa l’Africaine

Lampedusa, la petite île italienne située en pleine méditerranée entre l’Europe et l’Afrique, a été brutalement tirée de sa léthargie printanière et projetée au devant de l’actualité en Europe. Depuis le déclenchement des révoltes en Tunisie et en Libye, quelque 20.000 migrants ont débarqué clandestinement sur les côtes de ce bout de terre qui compte à peine 6000 habitants.

Les migrants sont pour la plupart tunisiens, mais on compte aussi des somaliens, des Erythréens et des Libyens qui profitent du vide sécuritaire des trois derniers mois en Tunisie et en Libye pour prendre la mer. Des milliers d’entre eux s’abritent sous des tentes de fortune et vivent dans des conditions sanitaires insupportables, selon les ONG internationales. Leur transfert dans d’autres régions en Italie est très lent et irrégulier, ce qui provoque l’exaspération des habitants de l’île. Pris au dépourvu par une vague d’immigration aussi massive qu’imprévue, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a fait le déplacement à Lampedusa le 30 mars. Il a tenté de rassurer des habitants incrédules en promettant vaguement que les immigrés seraient transférés d’urgence ailleurs en Italie. Dans la foulée, Berlusconi s’en est pris à l’Union européenne à qui il reproche de laisser l’Italie affronter seule cette déferlante migratoire. Bruxelles a rétorqué que l’Italie a bénéficié de 171 millions d’euros de fonds européens depuis 2009 pour l’aider à gérer les flux migratoires. De plus, a fait valoir la Commission européenne, elle ne peut pas « forcer » les autres Etats membres de l’UE à accueillir les immigrés.
Excédé, le ministre Roberto Maroni, du parti xénophobe de la Ligue du Nord a assuré que «tous les Tunisiens seront rapatriés». Une attitude qui illustre non seulement l’impréparation, mais aussi l’extrême sensibilité des pays européens face à des drames migratoires de ce genre.

 

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