France : Pour ou contre la délocalisation, le profit d'abord !

La France, sérieusement secouée par la crise internationale, a récemment annoncé à travers Laurent Wauquiez sa volonté de lancer un plan anti-délocalisation des centres d’appel pour améliorer l’emploi. L’enjeu est de taille, puisque ce secteur représente dans l’Hexagone plus de 250.000 emplois et 13 milliards d’euros de chiffre d’affaire. Cependant, les sociétés directement concernées ne l’entendent pas de cette oreille. Le seul critère qui compte pour elles, c’est le profit et l’expansion pour pouvoir survivre.

De nombreuses sociétés françaises ont ainsi choisi de s’installer sous d’autres cieux fiscalement et financièrement plus cléments. La dernière en date, n’est autre que le leader mondial et numéro un français des centres d’appels Téléperformance (qui a Orange et SFR notamment pour clients) qui s’apprête à se développer à l’étranger notamment au Maroc ou en Tunisie, où le coût de la main d’œuvre est moins élevé qu’en Hexagone. Pour ces sociétés, les salaires représentent 80% du chiffre d’affaires et le Smic mensuel français (1.340 euros brut environ) ne fait pas le poids contre un salaire marocain moyen de 450 euros brut par mois.
Téléperformance a dévoilé jeudi, son plan de restructuration qui prévoit la suppression de 689 emplois d’ici à fin 2010, au lieu de 834 initialement prévus sur plusieurs plateaux français. La société venait de clore en 2009-2010, un plan de départs volontaires portant sur 585 emplois. Elle conservera au total 14 sites en France sur les 22 actuels.
Le choix de la délocalisation, Téléperformance France l’explique par ses pertes opérationnelles qui étaient de l’ordre de 36 millions d’euros en 2009 en France.
Téléperformance emploie plus de 7.000 salariés en France et est présente dans 51 pays, possédant notamment quatre sites en Tunisie (2.400 salariés) et ouvrant actuellement un nouveau centre au Maroc
Les centres d’appel «offshore» représentaient l’année dernière, 60.000 salariés, contre 10.000 en 2004. La moitié d’entre eux travaillaient au Maroc, 12.000 en Tunisie, et le reste au Sénégal ou à l’Ile Maurice. 50.000 emplois auraient ainsi été délocalisés de la France vers ces pays en cinq ans.
Les enjeux étant tellement énormes que la délocalisation s’annonce déjà comme une équation pas du tout facile à résoudre.

 

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