Coronavirus : l’Allemagne instaure un couvre-feu national qui contraste avec le fédéralisme

Coronavirus : l’Allemagne instaure un couvre-feu national qui contraste avec le fédéralisme

Le Parlement allemand a adopté mercredi un amendement de la disposition légale anti-coronavirus renforçant les prérogatives du gouvernement fédéral. Le sujet le plus délicat, c’est la décision de la chancelière Angela Merkel d’instaurer un couvre-feu nocturne sur l’ensemble des parties du territoire où le taux d’incidence du virus dépasse 100 pour 100 000 habitants, autrement dit plus de 80 % du pays. C’est la première fois qu’une telle restriction est adoptée au niveau national.

Les échanges parlementaires ont été enflammés depuis la mi-avril, même au sein de la coalition gouvernementale composée des conservateurs (CDU-CSU) et des sociaux-démocrates (SPD). Dans la proposition originelle, le couvre-feu devait commencer à 21 heures et, au-delà de cette heure, les sorties ne pouvaient être justifiées que pour des raisons professionnelles ou de santé.

Mais, finalement, le début du couvre-feu a été décalé à 22 heures dans la dernière mouture du texte. Et il sera possible de faire du sport en pleine rue jusqu’à minuit, après quoi tout déplacement sera interdit jusqu’à 5 heures du matin.

Ces nouvelles mesures seront appliquées à partir du lundi 26 avril jusqu’en fin juin. Loin de faire l’unanimité, ces restrictions ont immédiatement remis à l’ordre du jour le débat sur l’équilibre des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les 16 länder allemands. Au vu des prérogatives considérables des Etats régionaux, jusqu’à présent, il n’y a eu, outre-Rhin, que des couvre-feux locaux ou régionaux. 

Mais, ces dernières semaines, les rapports entre la dirigeante allemande et les länder se sont dégradés en ce qui concerne la gestion de la crise de Covid-19. L’exécutif veut désormais être à même d’imposer des règles anti-coronavirus communes sur l’intégralité du territoire, ce qui a du mal à passer dans une population allemande très habituée au fédéralisme et traumatisée par la triste époque nazie.

Ainsi, la formation politique des libéraux va tenter de faire invalider ce texte en saisissant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, la plus haute juridiction d’Allemagne. En plus, nombre de protestataires rassemblés mercredi devant le Bundestag ont exprimé leur désapprobation de cette disposition légale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *