La CEDH condamne la Russie pour la répression d’une manifestation anti-Poutine en 2012

La CEDH condamne la Russie pour la répression d’une manifestation anti-Poutine en 2012

La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a condamné hier mardi la Russie pour de multiples violations des droits de deux opposants condamnés pour leur participation à un vaste rassemblement contre le retour au Kremlin, de Vladimir Poutine en 2012.
La Russie avait imputé la responsabilité des violents heurts qui avaient opposé la police aux manifestants et au leader du Front de Gauche, Sergueï Oudaltsov pour l’organisaiton de cette mobilisation. Mais la cour européenne a estimé que les autorités judiciaires russes n’avaient «pas examiné leur responsabilité dans la dégradation du rassemblement, qui était à l’origine pacifique.
Dans un arrêt antérieur, la CEDH avait jugé que « les tensions étaient nées de la décision des autorités de changer à l’improviste le lieu prévu pour le rassemblement sans en informer de manière appropriée les manifestants », alors que Sergueï Oudaltsov appelait au calme.
La CEDH avait été saisie par le leader du Front de Gauche Sergueï Oudaltsov et l’un de ses proches Léonid Razvozjaev, jugés coupables en 2014 d’avoir organisé des troubles de grande ampleur le 6 mai 2012 à Moscou et condamnés à 4 ans et demi de prison, à la veille de l’investiture du président Vladimir Poutine pour un troisième mandat présidentiel.
Sergueï Oudaltsov était l’un des chefs de l’opposition pendant les manifestations d’ampleur de l’hiver 2011-2012 à Moscou contre Poutine et sa formation, le Front de gauche, représentait le flanc gauche du mouvement de protestation.
La Russie et l’Ukraine ont été condamnées à verser respectivement 11.000 et 4.000 euros à Léonid Razvozjaev pour dommage moral. La Russie devra également verser 9.000 euros à Sergueï Oudaltsov. Car les juges strasbourgeois ont aussi condamné la Russie pour la violation de l’interdiction des traitements inhumains dans le cas de Léonid Razvozjaev.
Ce dernier s’était rendu à Kiev en octobre 2012 avec l’intention de demander l’asile en Ukraine mais affirme avoir été enlevé par des hommes agissant pour le compte de l’Etat russe, qui l’ont ramené en Russie.
Et si la CEDH estime que rien ne prouve que les hommes qui ont enlevè Léonid Razvozjaev agissaient pour le compte de l’Etat russe ou que les autorités ukrainiennes aient été impliquées, elle a reconnu l’enlèvement et les mauvais traitements subis par ce militant, et souligné qu’aucun des deux pays n’avait enquêté efficacement sur ces faits.

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