Maroc : le Parti islamiste au pouvoir secoué par un scandale de mœurs

Maroc : le Parti islamiste au pouvoir secoué par un scandale de mœurs

murLe PJD, le parti islamiste qui conduit la coalition gouvernementale au Maroc, est dans l’œil du cyclone après le scandale d’adultère de deux membres du Mouvement Unicité et Réforme (MUR), base arrière et vivier électoral du parti islamiste dirigé par le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.

Omar Benhammad et Fatima Nejjar, tous deux vice-présidents du MUR, ont été arrêtés samedi pour relations sexuelles consenties hors mariage, avant d’être libérés par le parquet. Ils ont été relâchés dimanche après la décision de l’épouse de Omar Benhamad ne pas poursuivre son mari pour adultère.

Le lendemain du scandale qui a enflammé les réseaux sociaux, les deux responsables islamistes ont été suspendus du bureau exécutif du mouvement. Les réactions ont été particulièrement virulentes contre Fatima Nejjar, probablement à cause de ses attaques constantes et passionnées contre les « vices » et la « dépravation des mœurs » au sein de la société.

Dans ses prêches très suivis par les étudiantes et les jeunes islamistes, Fatima Nejjar recommandait même aux jeunes filles de « ne pas rire devant des hommes ». Pour elle, le rire d’une femme devant un homme est le début de la tentation et de la fornication.

Certains membres du mouvement islamiste ont tenté de défendre les deux dirigeants pris en flagrant délit, en prétendant qu’ils étaient liés par un mariage coutumier. Mais devant l’ampleur du scandale, le MUR a déclaré qu’il ne reconnaissait pas ce genre de mariage temporaire, et décidé d’exclure le couple.

A l’issue d’une réunion d’urgence de son bureau exécutif, le MUR a suspendu les deux responsables de toutes les structures du mouvement pour « faute gravissime », selon un communiqué du Mouvement.

Si l’affaire peut paraître banale, voire  relever du simple fait divers, elle tombe en revanche très mal pour le parti islamiste, à quelques semaines d’élections législatives très disputées, le 7 octobre prochain. L’embarras pour la formation du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est d’autant plus grand que le PJD a bâti sa réputation sur la défense des mœurs et la lutte contre les « vices » au sein de la société.

 

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