Corée du Sud : Tensions autour de la fondation pour les «femmes de réconfort»

Corée du Sud : Tensions autour de la fondation pour les «femmes de réconfort»

seoulDes heurts ont opposé ce jeudi à Séoul, la police à des manifestants sud-coréens qui voulaient perturber la cérémonie d’ouverture d’une Fondation pour les femmes contraintes à l’esclavage sexuel par l’armée japonaise durant la Seconde guerre mondiale.

Quelques étudiants ont réussi à forcer l’entrée de la fondation où devait se tenir une conférence de presse avant d’être évacués par la police.

En décembre dernier, le Japon et la Corée du Sud ont conclu un accord «définitif et irréversible» aux termes duquel, le Japon présente ses «excuses sincères» au peuple sud-coréen et verse 9.1 millions de dollars de dédommagement pour financer une fondation afin d’aider les «femmes de réconfort» sud-coréenne toujours en vie.

Cette fondation, dénommée « Fondation pour la réconciliation et la guérison», est enregistrée comme une association à but non lucratif auprès du ministère de l’Egalité hommes-femmes et de la Famille et sera dirigée par Kim Tae-hyun, professeur honoraire à l’université féminine Sungshin à Séoul. Selon un officiel du ministère des Affaires étrangères, elle se focalisera sur l’aide financière aux victimes toujours en vie et la commémoration de celles qui ont été esclaves sexuelles.

Par cet accord et cette fondation, le Japon et la Corée du Sud espèrent tourner définitivement la page sur un chapitre de leur histoire qui empoisonnait leurs relations depuis des décennies. Mais pour de nombreux coréens qui voient dans la question des femmes de réconfort le symbole des abus et violences commis par le Japon sous sa domination coloniale de 1910 à 1945, l’accord de décembre et la nouvelle fondation ne sont qu’un moyen pour Tokyo d’éviter de reconnaître sa responsabilité légale.

La plupart des historiens estiment que jusqu’à 200.000 femmes, pour la plupart des Coréennes, mais également des Chinoises, des Indonésiennes et des ressortissantes d’autres pays asiatiques ont été enrôlée de force dans les bordels de l’armée impériale nippone. Les survivantes coréennes à un âge avancé, sont actuellement au nombre de 40, contre 46 à la fin de l’année dernière.

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