Espagne : Comptabilité occulte pour le parti du Premier ministre

Espagne : Comptabilité occulte pour le parti du Premier ministre

Luis Barcenas, former treasurer of Spain's ruling People's Party (PP), leaves Spain's High Court, where he is required to check in three times per week, in central MadridL’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale d’Espagne, a publié lundi un communiqué sur les conclusions de l’enquête sur l’affaire Barcenas, un scandale de corruption lié à des versements occultes d’entreprise de BTP. Le juge d’instruction Pablo Ruz en charge de l’enquête y critique la gestion du Parti populaire au pouvoir dans le pays mais épargne le chef du gouvernement Mariano Rajoy.

Les indices qu’il a recueillis permettent au juge d’estimer que le Parti populaire a mis en place entre 1990 et 2008 une comptabilité occulte, qu’il disposait de « différentes sources de financement en marge de la comptabilité officielle déclarée et présentée par le parti à la Cour des comptes ». Cette caisse noire aurait permis au PP de recevoir des donations et d’effectuer des paiements, dont des compléments de salaires versés à de hauts dirigeants du parti. Des délits électoraux et comptables sont également rapportés.

Toutefois, le juge Pablo Ruz assure que le Parti populaire ne peut pas être poursuivi en matière pénale pour ces faits. A l’époque des faits, le financement illégal des partis n’était pas considéré comme un délit par la loi espagnole et les délits électoraux et comptables rapportés sont désormais prescrits. Six personnes cependant, dont deux anciens Trésorier du Parti populaire, Luis Barcenas et Alvaro Lapuerta qui sont également accusés de détournement de fonds, devraient être renvoyés en procès pour des délits présumés contre le Trésor public.

La publication de ces conclusions intervient à un très mauvais moment pour le Parti populaire, au pouvoir, alors que le pays se trouve en pleine année électorale et que la corruption et le chômage sont les deux sujets les plus inquiétants pour les Espagnols. L’enquête qui a été circonscrite aux responsabilités des seuls trésoriers et intendants épargne le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy qui n’a jamais été entendu. Cependant, Luis Barcenas a affirmé en janvier que le chef du gouvernement, président du parti depuis 2004, connaissait « depuis le début  l’existence d’une comptabilité parallèle au sein du PP ».

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